Bonjour Ousmane. Nous sommes ravis de vous accueillir pour cette interview. Revenons sur vos débuts. Peut-on parler d'une vocation à devenir sculpteur ?
Je suis né dans une famille d’artistes sculpteurs, ce qui m’a permis très jeune de plonger dans le monde de l’art et de la création. J’ai tout d’abord appris la technique de la fonderie d’art tout en commençant à créer mes propres œuvres.
J’ai très rapidement trouvé ma voie dans l’exploration de la matière en y recherchant l’harmonie et la sérénité. Dans les années 80, j’ai commencé à vivre de mes créations, ce qui m’a permis de me consacrer entièrement à la sculpture.
Le bronze est votre matériau de prédilection. Qu'appréciez-vous dans cet alliage ?
J’ai eu la chance d’appendre très jeune la technique de la fonderie d’art à la cire perdue et je réalise depuis mes œuvres intégralement dans mon atelier. Chaque étape de création d’une demande précision et technicité. C’est pourquoi j’apprécie le bronze, ce matériau noble et inaltérable qui peut se transmettre de génération en génération.
En parcourant votre galerie, on découvre une figure humaine épurée. Seule, en couple, en famille. Que cherchez-vous à exprimer à travers cela ?
J’interprète essentiellement la figure humaine avec des thématiques simples et universelles. Je recherche par le mouvement de la matière à exprimer la beauté et l’amour de la nature et de la vie. Mes créations touchent la féminité ou l’attachement entre les êtres dans le couple ou la famille, mais aussi des moments autour de la musique ou de scènes de la vie quotidienne.
Les courbes qui tournent autour des corps et l’équilibre entre les vides et les pleins sont le fruit d’une recherche permanente d’harmonie et de sérénité.
Quelles sont les étapes entre l'idée de la sculpture dans votre tête et le résultat final ?
Je conçois tout d’abord en général la sculpture en cire d’abeille, un matériau très malléable et très agréable à travailler. Quand je suis satisfait de la forme créée, la sculpture, munie du système d’alimentation, est recouverte d’un matériau de moulage, ainsi que d’armatures qui pourront résister à des températures élevées lors de la fonte.
Je procède ensuite au décirage, à la cuisson du moule et à la coulée du bronze en fusion dans le moule. Les finitions (le polissage et la patine) viennent donner le résultat final.
"J’apprécie le bronze, ce matériau noble et inaltérable qui peut se transmettre de génération en génération."
Y a-t-il des artistes qui vous ont inspiré et vous inspirent encore ?
De nombreux artistes m’ont inspiré et accompagné dans mon travail que ce soit en Afrique ou en Europe. Mes racines africaines m’ont permis de conserver une source d’inspiration dans l’art primitif et contemporain africain.
En Europe, la rencontre notamment du travail d’Henri Moore et de Brâncuși ont également influencé mon travail. Mais au-delà de ce foisonnement d’influences diverses, c’est la nature, les rencontres et les voyages qui ont nourri et rythmé mon imagination.